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Impuissance



vendredi 11 avril 2008, par Tariq Ramadan


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Soudain je comprenais qu’il ne reviendrait plus,
Le temps avait volé mes souvenirs blessés,
Ma jeunesse, mes joies, mon cœur fatigué.
La lumière était faite et je n’avais rien vu.
 
Vrai, sais-tu, je n’ai rien pu faire ;
Mais en silence, aller et éviter les pierres.
 
Il est parti un jour sans surprise et lassé
De la jungle du monde, du pouvoir, de l’argent ;
Entre deux sommeils, il murmura l’instant
Seul parmi les siens et enfin libéré
 
Vrai, sais-tu, je n’ai rien pu faire ;
Mais l’amour ; l’aimer et prier.
 
Je te vois aller, m’aimer au fil des ans
La vie est passée, déjà, que reste-t-il,
De mes mille absences au cœur de ces villes ?
Tu vas ton chemin, tu me ressembles tant !
 
Vrai, sais-tu, je n’ai rien pu faire ;
Mais ce sourire, les larmes de ton père.
 
La souffrance des blessures, le sens des solitudes
La mort qui s’approche et s’offre à nos yeux
Apprendre à être seul, à mille, à six, à deux.
Dieu, quel jeu se joue donc sous nos latitudes ?
 
Vrai, sais-tu, je n’ai rien pu faire ;
Mais partir sans haine, et même sans colère.
 
Ce fut si long, si bref, si lourd, si léger
Cette vie, ces amis, ces amours, ces écrits
Un sentiment de vide que parfois je confie
A l’éternelle Présence qui m’a fait étranger.
 
Vrai, sais-tu, je n’ai rien pu faire ;
Mais l’avouer enfin, aux confins de la terre
 
J’ai tellement essayé
Tellement, tellement

J’ai tellement pleuré

 

Tellement...

 
Hier, et là… comme un enfant




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