Les soutiens arrivent un peu tard, mais ils sont de taille. Après le Washington Post, le grand magazine américain The New Yorker vient de prendre la défense du professeur genevois Tariq Ramadan ! Embauché par une université américaine en 2004, l’intellectuel musulman s’était soudain vu retirer son visa, sans explication. Deux ans plus tard, le gouvernement américain a été contraint par la justice de donner la raison de son refus. Il a alors expliqué que Tariq Ramadan avait versé des dons à une organisation caritative jugée suspecte... Pour le New Yorker, empêcher Tariq Ramadan d’exprimer ses idées aux USA est « une erreur stratégique ». Indésirable aux Etats-Unis, le Genevois vit désormais en Angleterre. Interview.
Vous recevez l’appui de grands médias américains, mais toujours pas de visa...
Plusieurs associations m’ont aussi apporté leur soutien. Ces démarches ne sont pas faites pour moi en tant que personne, mais pour le symbole. De plus en plus de gens réalisent que le gouvernement Bush tente d’empêcher le débat d’idées.
Selon les Etats-Unis, vous avez financé une association proche du mouvement islamiste Hamas...
C’est un pur prétexte ! Entre 1998 et 2002, j’ai donné environ 1600 francs suisses au Secours palestinien à Bâle. Cette organisation finance des programmes scolaires pour les enfants palestiniens. Elle n’a jamais été critiquée ni en Suisse ni en France. En 2003, le gouvernement américain l’a soudain inscrite sur sa liste noire. Cela faisait un an que je ne lui avais plus rien versé. Mais, selon le gouvernement, j’aurais « dû savoir » dès 2002 que cette organisation était en contact avec le Hamas... C’est totalement absurde !
Si les Américains changent d’avis, vous installerez-vous aux Etats-Unis ?
Je n’envisage plus de m’installer aux Etats-Unis. Je vis et travaille en Angleterre. Si j’ai insisté pour obtenir ce visa, c’était surtout pour innocenter mon nom. Je voulais qu’il soit dit que je n’ai rien à voir avec le terrorisme. De ce point de vue-là, je suis satisfait. Mais je vais continuer à m’exprimer aux Etats-Unis : je suis invité à de nombreuses conférences par vidéo. La parole et la pensée traversent les frontières...
Source : Le Matin





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