Salamou aleikoum,
Je trouve que les exemples présentés par M. Goldnadel dans cette émission sont trop faciles. Evidemment que certains pays musulmans appliquent la charia mais pas dans le sens de l’islam et de la justice ! Cela ne définit pas en soi l’islam politique. C’est trop populiste de dire cela.
Il faut tenir compte du contexte et de l’histoire, de différents enjeux qui font que certains groupes minoritaires dits "islamistes" sont au pouvoir mais n’appliquent pas réellement l’islam.
Il faut tenir compte du facteur TEMPS et de L’HISTOIRE, pas simplement de la culture de chaque pays, afin de comprendre que la démocratie est une construction historique, idéologique qui a mis du temps à aboutir, y compris dans l’Histoire des pays occidentaux.
Ce n’est pas en quelques jours que la démocratie la plus parfaite va s’instaurer dans le monde arabomusulman dont on connaît l’Histoire marquée par le colonialisme, les dictatures, le néocolonialisme etc.
Ce qu’il faut saluer et encourager, c’est le processus de démocratisation et libération des peuples qui aspirent à plus de libertés individuelles, d’équité sociale etc. Et c’est ce processus qui amènera à plus de démocratie politique et à l’instauration d’un Etat de droit démocratique.
Ce qui ne signifie pas que la démocratie dans le monde arabe sera un "plagiat" de la démocratie française ou anglaise ou américaine.
Car chaque pays à ses spécificités culturelles, ses moeurs, sa culture.
On ne peut pas dire du jour au lendemain à des populations étrangères au mode de vie occidentale par exemple d’accepter tel ou tel aspect de la vie occidentale.
Les populations dans le monde arabe ont d’abord un besoin d’équité sociale, d’amélioration de leurs conditions de vie, de pouvoir d’achat etc. Il y a tellement de choses à construire.
J’ajouterai également que je ne crois pas du tout que la révolution qui a eu lieu en Tunisie soit le simple fait des nouvelles technologies car on sait maintenant que ces internautes ont été formés par les USA et ce n’est évidemment pas un hasard !
En fait l’armée tunisienne était parfaitement informée de la corruption croissante du régime de Ben Ali, des pratiques mafieuses de sa famille etc. Elle a laissé faire pour favoriser un "pourrissement " du régime et s’est appuyée sur la révolte du peuple qui n’en pouvait plus pour le destituer habilement. Les USA -dont Mme Hilary Clinton- ont demandé à Ben Ali de s’en aller "proprement".
Donc les choses ont été planifiées mais l’armée tunisienne a juste attendu le bon moment c’est-à-dire le moment où le peuple se soulèverait car n’en pouvant plus.
Donc ce n’est pas une révolution de l’internet mais plutôt un coup d’état "populaire" si je puis dire appuyé par les réseaux sociaux.
Il faut quand même être réaliste et ne pas se laisser berner d’illusions car les observatoires européens présents officiellement en Tunisie pendant les élections laissent quand même assez dubitatifs... Comme si le peuple Tunisien n’était pas capable d’organiser des élections libres.
L’intervention de l’OTAN en Lybie est encore plus claire : il fallait détruire le régime de Kadhafi pour mettre en place un nouveau régime qui servirait les intérêts de l’Occident. Ce qui s’est passé en Lybie est très grave car la France et l’Angleterre ont mis au pouvoir une minorité qui n’était pas représentative de la démocratie ni des aspirations du peuple Lybien. Et on a vu la "sauvagerie" et les exactions dont sont responsables le comité de transition et leurs alliés. Où est la démocratie ? Où est l’islam ?
En réalité, le nouveau régime Lybien n’est que le signe de la destruction de l’unité Lybienne et malheureusement, il y en a pour 100 ans de néocolonialisme jusqu’à ce qu’il n’y ait plus de pétrole en Lybie.
Donc n’a-t-on pas là un double discours des démocraties occidentales lorsque l’on compare la situation politique et sociale en Tunisie et en Lybie ? Etrange non ?!
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