JE VIENS OFFRIR MON COEUR
Qui a dit que tout était perdu ?
Je viens offrir mon coeur
Tant de sang emporté par la rivière
Je viens offrir mon coeur
Ce ne sera pas si facile, je sais ce
qui se passe
Ce ne sera pas aussi utile que je le
croyais
Comme ouvrir la poitrine et sortir l’âme
Un coup de couteau d’amour
Lune des pauvres toujours ouverte
Je viens offrir mon coeur
Tel un document inaltérable
Je viens offrir mon coeur
Et je joindrai les bouts d’un même ruban
Et je m’en irai calme, j’irai doucement
Et je te donnerai tout, et toi quelque
chose
Quelque chose qui m’apaisera
Lorsqu’il n’y aura personne, proche ou
lointain
Je viens offrir mon coeur
Lorsque les satellites ne suffiront pas
Je viens offrir mon coeur
Et je parle de pays et d’espoirs
Et je parle au nom de la vie, je parle
au nom de rien
Et je parle de changer celle-ci, notre
maison
De la changer juste pour changer
Qui a dit que tout était perdu ?
Je viens offrir mon coeur
Je viens offrir mon coeur.
ASSIS SUR LE REBORD DU MONDE
Si j’ai bien toute ma mémoire
Disait Dieu dans un coin du ciel
J’avais commencé une histoire
Sur une planète nouvelle, toute bleue
Bleue, pour ne pas qu’on la confonde
Je vais aller m’asseoir sur le rebord
du monde
Voir ce que les hommes en ont fait
J’y avais mis des gens de passage
J’avais mélangé les couleurs
Je leur avais appris le partage
Ils avaient répété par coeur
"Toujours" ! tous toujours dans la même
ronde
Je vais aller m’asseoir sur le rebord
du monde
Voir ce que les hommes en ont fait
Je me souviens d’avoir dit aux hommes
Pour chaque fille une colline de fleurs
Puis j’ai planté des arbres à pommes
Ou tout le monde a mordu de bon coeur
Et partout, partout des rivières
profondes
Je vais aller m’asseoir sur le rebord
du monde
Voir ce que les hommes en ont fait
Soudain toute la ville s’arrête
Il parait que les fleuves ont grossi
Les enfants s’approchent, s’inquiètent
Et demandent "pourquoi tous ces bruits ?"
Sans doute, Dieu et sa barbe blonde
Dieu qui s’est assis sur le rebord du
monde
Et qui pleure de le voir tel qu’il est !
Dieu qui s’est assis sur le rebord du
monde
Et qui pleure de le voir tel qu’il est.
Francis Cabrel