NEW YORK, 23 juin 2006 (AFP) -
Un juge fédéral de New York a fixé vendredi un délai-limite de trois mois au gouvernement américain pour qu’il rende sa décision concernant l’entrée ou non dans le pays de l’intellectuel musulman suisse Tariq Ramadan.
La décision fait suite à une plainte de l’ACLU, association américaine de défense des libertés civiles, accusant Washington d’utiliser de manière erronée le Patriot Act pour ne pas accorder de visa à l’universitaire, pourtant invité par des universités à participer à des conférences.
Tariq Ramadan, qui enseigne notamment à l’Université britannique d’Oxford, avait dû renoncer fin 2004 à aller enseigner à l’Université Notre Dame (Indiana, nord-est). Sa dernière demande de visa, déposée fin 2005, n’a toujours reçu aucune réponse.
Selon l’ACLU, il est visé par Washington pour ses critiques de la politique américaine au Proche-Orient et accusé, sans preuve, de soutien au terrorisme.
Dans son arrêt vendredi, le juge Paul Crotty "ordonne au gouvernement de rendre d’ici 90 jours une décision formelle quant à la demande de visa en cours de M. Ramadan".
"Si le gouvernement a une raison légitime d’exclure M. Ramadan, alors qu’il l’exclue, mais il doit le faire en répondant à la demande de visa en cours, et non en étudiant la demande de M. Ramadan indéfiniment en espérant que de nouvelles preuves apparaissent dans le futur", poursuit-il.
"Les livres volumineux de M. Ramadan, ses articles et ses discours sont une base plus que suffisante" pour une décision, ajoute-t-il, relevant que la Grande-Bretagne, "un des alliés (des Etats-Unis) dans la lutte contre le terrorisme", a de son côté choisi d’accueillir Tariq Ramadan. L’ACLU s’est félicité vendredi de cet arrêt.
AFP





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